Lundi 16 juillet 2007

 

Il est remarquable que cette idée d'une préséance absolue de l'être de la personne, et de son orientation axiologique existentielle, sur tout événement extérieur, dans la réalisation du bonheur ait déjà été aperçue et développée par Schopenhauer ; celui-ci écrit en effet : "La souffrance et le bien-être qu'on ressent ne seraient donc pas du tout déterminés de l'extérieur, mais précisément par cette mesure, par ces dispositions, qui peuvent certes subir, en fonction de l'état physique, quelques baisses ou quelques hausses à divers moments, mais qui, dans l'ensemble, resteraient identiques et ne seraient rien d'autre que ce qu'on appelle le tempérament de l'individu, ou plus exactement le degré selon lequel il serait, comme le dit Platon au livre 1 de la République , eukolos ou dyskolos , d'humeur légère ou d'humeur morose." (Schopenhauer). De fait, la nature heureuse ou morose de l'homme n'est pas déterminée par les circonstances extérieures, ni, ajoute Schopenhauer, par la richesse ou par la classe sociale. "Nous rencontrons en effet autant de visages heureux parmi les pauvres que les riches ; en outre, les motifs qui provoquent le suicide sont extrêmement divers : il nous est impossible d'avancer un malheur qui serait assez grand pour simplement le provoquer avec une grande probabilité chez tous les caractères...". La modification de notre humeur n'est pas tant dûe aux circonstances extérieures , mais au changement "des conditions intérieures, de l'état physique où l'on se trouve". La mesure de notre bonheur, comme de notre souffrance, est déterminée en permanence subjectivement, et non par des changements extérieurs, dont aucun ne justifie une allégresse, ou une souffrance, immodérées : "C'est pourquoi l'allégresse ou la souffrance immodérées ont toujours pour fondement une erreur et une illusion : par suite, ces deux exaltations de l'âme pourraient être évitées grâce à la réflexion. Cette allégresse immodérée (exultatio , insolens laetitia ) repose toujours sur la chimère d'avoir trouvé dans la vie quelque chose qu'il est tout simplement impossible d'y rencontrer, à savoir une satisfaction durable des désirs, ou des soucis, lancinants qui ne cessent de renaître. De toute chimère de ce genre il faut se déprendre sans trève plus tard et, lorsqu'elle disparaît, la payer d'autant de souffrances amères que son avènement avait suscité de joie.

Une des nombreuses conséquences de cette analyse est sans nul doute que la quête du bonheur est nécessairement vouée à l'échec, dès lors qu'elle se donne libre cours dans une société où se trouve résolument ignorée une telle dénivellation entre ce qui relève de l'"intériorité" et ce qui relève de l'"extériorité" ; ainsi, une société comme la nôtre, où règne la confusion généralisée entre les "sentiments spirituels" (comme le bonheur ou le désespoir), et de simples "sentiments sensoriels" ; car si ces derniers sont faciles à provoquer, ils n'engendrent pas pour autant, loin s'en faut, le sentiment du bonheur. Il faut même aller plus loin : la poursuite effrénée de toutes les satisfactions sensorielles qui caractérise la modernité vaut pour un véritable symptôme, indiquant l'absence de béatitude intérieure effective chez la plupart de nos contemporains. La "dérive" des sociétés modernes, qui tient à ce qu'elles sont de plus en plus indexées sur la recherche des plaisirs sensoriels bruts, peut bien être interprétée comme l'indice d'une évolution "décadente" . Comme l'indique Max Scheler : " tout eudémonisme pratique devient nécessairement hédonisme, pour la raison que les sentiments sensoriels (les plus superficiels) sont pratiquement les plus faciles à provoquer. La source de cette attitude est l'absence de béatitude (Unseligkeit ) au coeur même de l'homme. Chaque fois que l'homme se trouve insatisfait dans une couche plus centrale et plus profonde de son être, sa tendance présente aussitôt une disposition à remplir pour ainsi dire cet état déplaisant par une visée intentionnelle-tendancielle vers le plaisir, et vers un plaisir appartenant toujours plus à la couche la plus périphérique, c'est-à-dire en même temps à la couche des sentiments les plus faciles à provoquer. " M. Scheler). La quête des plaisirs les plus "superficiels" est l'expression d'un manque de bonheur véritable, au niveau le plus profond de notre être : " Cette visée intentionnelle-tendancielle vers le plaisir est déjà par elle-même un signe de l'absence de béatitude intérieure (désespoir), par conséquent de malheur ou de désolation, d'absence de joie et de tristesse intérieures, c'est-à-dire d'un sentiment vital qui indique la direction d'un "déclin de la vie"." (M. Scheler). L'homme au fond de lui-même désespéré "cherche" le bonheur en s'efforçant d'accumuler un à un les sentiments de plaisir sensoriels ; au point qu'il serait sans doute possible de suivre l'évolution de la béatitude, ou du désespoir, collectifs, en prenant comme "marqueur" sociologique la courbe des fluctuations dans le recours aux paradis artificiels et autres plaisirs sensoriels immédiats. De fait, "il existe des périodes entières où l'accroissement continu de l'hédonisme pratique est le signe le plus certain de la décadence vitale. Oui, on peut le dire, les moyens artificiels qui sont capables de provoquer le plaisir sensoriel et de supprimer la douleur sensorielle (par exemple les narcotiques) sont généralement d'autant plus recherchés que l'absence de joie et la détermination négative du sentiment vital deviennent davantage l'attitude-fondamentale intérieure d'une société." (Max Scheler). Ce critère, la recherche systématique des moyens permettant d'accroître le sentiment de plaisir sensoriel, peut d'ailleurs être plus précisément spécifié ; par exemple, selon Max Scheler, la tendance à accumuler les biens, c'est-à-dire la tendance à l'appropriation, est un des plus sûrs critères de l'existence d'un manque de bonheur au sens le plus profond et authentique : "La courbe historiquement fluctuante de la tendance à l'appropriation considérée comme source fondamentale des joies sensorielles constitue ainsi le signe des fluctuations de la force vitale des sujets qui éprouvent cette tendance. Toute décadence vitale s'accompagne d'une augmentation de la tendance appropriatrice." (M. Scheler). 
Le caractère "central" et profond de la joie d'exister lui confère en vérité une grande autonomie, qui le rend indépendant des vicissitudes de l'existence, considérées comme autant d'éléments extérieurs susceptibles de l'affecter ; non seulement le bonheur, ou la béatitude, ne sont pas causés ou annulés par les événements extérieurs de l'existence, mais c'est le contraire qui est vrai : les événements qui ponctuent mon existence ne prennent sens et valeur qu'à la lumière de ce qui constitue mon attitude fondamentale, ma disposition axiologique fondamentale. "De là viendrait à poindre le commencement d'une sagesse : savoir que le bonheur et le sens de toute existence ne dépendent que de nous, puisqu'elle reçoit son sens du système symbolique dans lequel nous la pensons, et que le choix de ce système ne dépend que de nous. C'est ainsi que certains voient leur existence dans le système symbolique chrétien, ou stoïcien, ou marxiste, ou stendhalien, ou mallarméen, ou proustien...Or, nous pouvons choisir le système dans lequel et par lequel nous nous représentons toute existence, mais dans le système nous n'avons pas le choix des significations qu'il impose à nos représentations." (N. Grimaldi). Notre existence ne peut être considérée comme heureuse ou malheureuse en fonction des événements qui l'affectent, puisque la lecture et l'interprétation de ces événements ne peut se faire qu'en référence à un système de valeurs portées par un système symbolique déterminé. L'essentiel reste bien le choix de ce système fondamental, choix lui-même dicté par ma propre disposition axiologique fondamentale , et décidément première. Sans doute faut-il y voir l'expression de ce que Sartre appelle le "choix originel" que chacun fait de lui même, et dont tous ses actes découlent.
C'est la raison pour laquelle "plus les joies sont centrales, moins elles ont besoin, par là même, pour se réaliser, de combinaisons d'excitants extérieurs particuliers , (...) Plus le sentiment de plaisir est central et profond, moins il dépend d'entrée de jeu des vicissitudes possibles de la vie extérieure, et plus il s'attache par un lien indestructible à la personne elle-même. Sans être affectés par le bonheur et le malheur objectifs ni par leurs corrélats affectifs, la béatitude et le désespoir occupent alternativement le centre de la personne ; inversement, le sentiment de bonheur et le sentiment de détresse ne sont aucunement ébranlés lorsque se succèdent alternativement les simples joies et les simples peines dont est faite toute vie. Ils enveloppent cette alternance." (M.Scheler).
Encore convient-il de bien comprendre le sens de cette corrélation existant entre la couche profonde des sentiments spirituels et la couche plus superficielle des plaisirs sensoriels ; car s'il est vrai que les plaisirs sensoriels ne peuvent prétendre comme tels produire ipso facto un bonheur véritable, l'absence de bonheur profond, voire le désespoir, engendre par réaction la tendance à trouver une sorte de contrepartie affective dans et par le recours aux plaisirs plus superficiels : "Il reste que toute détermination négative de la couche affective plus profonde produit aussitôt une tendance accrue à l'affirmation d'un droit à une compensation positive sous forme de plaisir au niveau de la couche périphérique. C'est pourquoi l'homme "bienheureux" peut supporter avec joie la misère et le malheur, sans avoir besoin pour autant d'émousser sa sensibilité aux douleurs et aux plaisirs de la couche plus périphérique." (M. Scheler). Max Scheler estime à cet égard que c'est l'éthique chrétienne qui a le mieux compris le sens de cette inaccessibilité du sage, ou du saint, par rapport aux plaisirs sensoriels : "Aucun éthos n'a compris cette vérité plus profondément que l'éthos chrétien. Alors que les Stoïciens et les Sceptiques anciens considéraient comme bonne l'apathie, c'est-à-dire une réceptivité émoussée à l'égard des sentiments sensoriels, la grande nouveauté de l'enseignement chrétien a consisté à montrer une voie sur laquelle on continue à souffrir la douleur et le malheur, mais où l'on peut les souffrir dans la béatitude . L'éthique ancienne ne connaissait que la méthode qui consiste à émousser la douleur ou à en changer volontairement le sens au moyen d'un jugement de la " raison " (pour les Stoïciens , "la douleur n'est pas un mal"), c'est-à-dire une sorte d'illusionnisme et d'auto-suggestion en face des souffrances et des peines de la vie." (M. Scheler). Or, selon M. Scheler, le mérite revient à la théorie chrétienne de la douleur d'avoir rejeté ces méthodes ; refusant tout "ascétisme négatif" (qui consiste à émousser la douleur), elle appelle et considère la souffrance comme un "mal", et le plaisir un "bien". C'est que, pour elle, l'élément essentiel du bonheur, indissociable de ce qu'elle appelle le "salut de l'âme", ne saurait se réduire à l'extinction du désir , mais "consiste dans une béatitude positive au centre même de la personne. Pour les Chrétiens, se délivrer de la douleur et du mal, ce n'est pas, comme pour les Bouddhistes, la béatitude elle-même, mais simplement la conséquence de la béatitude ; et cette délivrance ne consiste pas dans une absence de la souffrance et de la peine, mais dans l'art de les "bien" supporter, c'est-à-dire de les supporter dans la béatitude ("porter sa croix à la façon des bienheureux")." (M. Scheler).
 
Conclusion : L'homme n'est pas fait pour le bonheur ; la quête du bonheur et le bonheur de la quête :

Nous retiendrons donc de ces analyses l'idée que le bonheur renvoie à la couche la plus profonde des sentiments spirituels qui animent l'homme, si bien qu'il est totalement indépendant des simples plaisirs sensoriels auxquels on le réduit pourtant trop souvent. Mais cela signifie également que la quête du bonheur peut facilement prêter à une grave erreur d'évaluation, qui la voue à l'échec. C'est le mérite de Kant d'avoir montré à quel point le bonheur ne peut être produit par l'action, quelle qu'elle soit (et l'on sait que même l'action vertueuse, à ses yeux, ne produit pas "mécaniquement" le bonheur, mais ne fait qu'en rendre digne) ; la finalité de l'action humaine ne saurait être le bonheur, ce qui constitue la dimension paradoxale de tout projet de quête du bonheur. Dans cette quête, en effet, l'homme reste soumis au cycle de la vie, des besoins et de leur satisfaction, de la recherche indéfinie du plaisir , alors que c'est seulement lorsqu'il transcende le monde de la vie et se réalise dans celui de la culture et de l'esprit que l'homme peut être regardé comme une fin en soi. La Critique de la faculté de juger distingue rigoureusement ce qui, chez l'homme, constitue une fin pouvant être réalisée par sa liaison avec la nature, de cette autre sorte de "fin" que constitue l'"aptitude ou l'habileté à toutes sortes de fins" ; la première fin de la nature est le bonheur , la seconde la culture de l'homme. Mais Kant insiste bientôt sur le fait que le bonheur est une Idée : "le concept du bonheur n'est pas un concept que l'homme abstrait de ses instincts et qu'il extrait de sa propre animalité, mais c'est la simple Idée d'un état, à laquelle il veut rendre adéquat cet état sous de simples conditions empiriques (ce qui est impossible)." (Kant : Critique de la faculté de juger). Aucune condition  empirique ne saurait en effet se rendre adéquate à une Idée, elle-même produit de la synthèse de l'entendement et de l'imagination ; c'est la raison pour laquelle aucun état empirique, aucune situation concrète, aucune possession, ne sont en mesure, comme nous l'avons abondamment montré précédemment, d'engendrer le sentiment du bonheur : "toutefois ce que l'homme comprend sous le nom de bonheur et qui est en fait sa fin naturelle dernière (et non pas la fin de la liberté), ne serait pas atteint par lui, parce que sa nature n'est pas telle qu'elle puisse trouver son terme et se satisfaire dans la possession et la jouissance.".
Si le bonheur ne peut être produit par l'action, quelle qu'elle soit, se dévoile alors le caractère dérisoire et pathétique de l'acharnement avec lequel nous tentons pourtant, bien souvent, de "forcer la main" au destin, au moyen d'une véritable stratégie hédoniste ; mais qui ne voit qu'une telle quête est vouée à l'échec ?
Aussi comprenons-nous maintenant pourquoi la "quête du bonheur" constitue un projet contradictoire ; comme le note, à propos de la philosophie husserlienne, E. Housset (mais ce propos nous paraît avoir une portée universelle) : "La volonté infinie de bonheur possède une connotation trop hédonique pour présupposer la conscience de sa responsabilité absolue. L'horizon du bonheur, s'il demeure compris comme l'horizon d'un bonheur sensible infini, ouvre sur la peur de la mort et du destin. Il rend impossible la continuité du devenir soi en livrant la vie intérieure à toutes les contingences." A ce compte, c'est plutôt le malheur et l'insatisfaction qui résultent de cette recherche éperdue du bonheur sous la forme du "mauvais infini" hégélien ; en effet, "L'infinité d'un bonheur sensible rend la vie personnelle absurde en la réduisant à une progression indéfinie dans le fini", alors qu'au contraire, "le sujet ne prend donc conscience de lui-même qu'en s'ouvrant à la saisie de l'infini comme tel, en répondant à une fin authentiquement absolue qui ne soit pas la simple absolutisation abusive d'une fin relative." (E. Housset).
Mais ce n'est pas seulement ce risque de confusion entre une fin relative et une fin absolue qui peut nous égarer, c'est aussi de croire qu'à un moment donné, il nous est donné de saisir le bonheur à pleines mains, et de le savourer pour l'éternité. Car ce bonheur là, en vérité, nous est inaccessible ; qui ne voit qu'il déroge par définition à la finitude de notre condition ? Cette finitude est d'abord liée au temps ; or le bonheur nourrit le fantasme d'une suspension du temps, c'est-à-dire d'une suppression du temps. Etre heureux, c'est vouloir que le temps du bonheur dure éternellement ; comme l'écrit N. Grimaldi : "Pour accéder au bonheur et se délivrer du désir, la conscience doit échapper au temps. Elle ne le peut qu'en se convertissant à l'éternité ou en se résumant dans l'instantanéité, c'est-à-dire ne se recueillant soit dans l'au-delà du temps, soit dans l'en deçà du temps." ( Le désir et le temps). Hélas, nous sommes condamnés au temps, qui n'est ni l'éternité ni l'instantanéité indépassable : "la pure immédiation, qui serait l'épuisement du temps, serait la suppression de toute négativité, mais du même coup l'anéantissement de toute vie et de tout esprit : ce serait plus que- la mort. Par conséquent, autant de temps que durera le temps, jamais ne cesseront ni le désir ni l'inquiétude, ni l'opiniâtre vitalité d'une secrète espérance, ni le ressac amer d'une secrète déception. Comme la téléologie kantienne en retrouvait l'intuition pascalienne, l'homme n'est pas fait pour le bonheur. Parce que vivre c'est désirer, tout bonheur nous détourne de vivre : c'est une petite mort. Tout bonheur est un nihilisme. C'est pourquoi, bien que souvent ceux qui ont vécu le foudroiement du bonheur vivent d'en espérer follement une interminable fulguration, il y a aussi une sagesse chez ces amants qui se donnent la mort dans le sentiment d'avoir épuisé tout ce que la vie pouvait promettre, révoquant un avenir qui ne pourrait être que le dessèchement du passé, et mourant ainsi pour honorer la vie. En cette audacieuse et prodigue sagesse se manifeste cependant un profond pessimisme : c'est que, si par définition le bonheur est ce qui ne peut pas durer, être heureux c'est s'interrompre de vivre, et vivre, c'est s'interrompre d'être heureux." (N. Grimaldi). Cette impossibilité de coïncider avec le bonheur réalisé, dans une sorte de vécu fusionnel, tient à l'irréductibilité du bonheur avec tout plaisir particulier ; comme nous avons tenté de le montrer, le bonheur n'est ni un plaisir ni une somme de plaisirs, mais une visée, une espérance, une promesse. Comme l'écrit encore P. Ricoeur : "le bonheur n'est pas un total de désirs élémentaires saturés ; car il n'existe pas d'actes qui rendent heureux. Il y a seulement des signes et des promesses de bonheur ; mais ces signes sont moins des satisfactions qui saturent des désirs limités, que des événements, des rencontres qui ouvrent des perspectives illimitées, comme par dégagement d'horizon." (P. Ricoeur). En ce sens, il est vrai de dire que la quête du bonheur se ramène ultimement au bonheur de la quête. En d'autres termes, " il est peut-être temps de dire que le "secret" d'une bonne vie, c'est de se moquer du bonheur : ne jamais le chercher en tant que tel, l'accueillir sans se demander s'il est mérité ou contribue à l'édification du genre humain ; ne pas le retenir, ne pas regretter sa perte ; lui laisser son caractère fantasque qui lui permet de surgir au milieu des jours ordinaires ou de se dérober dans les situations grandioses. Bref, le tenir toujours et partout pour secondaire puisqu'il n'advient jamais qu'à propos d'autre chose. Au bonheur proprement dit, on peut préférer le plaisir comme une brève extase volée au cours des choses, la gaieté, cette ivresse légère qui accompagne le déploiement de la vie, et surtout la joie qui suppose surprise et élévation. Car rien ne rivalise avec l'irruption dans notre existence d'un événement ou d'un être qui nous ravage et nous ravit. Il y a toujours trop à désirer, à découvrir, à aimer. Et nous quittons la scène sans avoir à peine goûté au festin." (P. Bruckner).

Natacha Svechenko.
Par Natacha - Publié dans : Philosophie
- Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Qui suis-je ?

Recommander mon blog

Rechercher

Créer un Blog

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus